Pillart : la céramique à mi-chemin entre l'art, la technique et la culture architecturale.

25-11-2011


Pourquoi un architecte ou un designer pour penser à des surfaces en céramique ? Pourquoi une spécialisation de ce genre ? La réponse est simple : parce seul celui qui a l'idée du service qu'un revêtement doit fournir peut en prévoir les solutions de plus en plus innovatrices.

En agissant sur deux fronts, celui technique et celui esthétique, un concepteur de modules en grès cérame arrive à en tirer une synthèse qui sache seconder les deux composants, en transformant une simple “dalle” en une expérience conceptuelle éclairée et d'un grand impact émotionnel. Une collection frappe au cours des derniers mois : Pillart d'Eiffelgres signée par Mauro Bellei. En interprétant ce projet transversalement, on peut trouver tous les éléments qui font comprendre le travail qu'implique la conception et l'industrialisation d'un module céramique, en montrant les étapes qui font de Pillart un exemple de projet industriel complet.
L'interprétation de la pierre naturelle à travers un processus industriel, celui du grès cérame pleine masse, souligne le choix stylistique du concepteur qui adopte un procédé de sélection, de pression et de cuisson des poussières terreuses, afin d'obtenir un produit résistant et durable, à l'aspect souple et fort, chromatique et monotone, un condensé entre les extrêmes que seul un concepteur attentif sait saisir et divulguer. Deux autres aspects fondamentaux du projet de Mauro Bellei entrent alors en jeu : celui des références à l'art et celui du choix minimal d'une abstraction et d'une réduction absolues. Avec le premier, il relie les surfaces en céramique à l'histoire de l'architecture et du design, afin de laisser à chaque concepteur la liberté d'insérer ce produit dans toutes les habitations, en en renforçant le caractère ; avec le second, il abstrait la contemporanéité pour la transformer en produit industriel, où le minimum et la simplicité ne sont pas synonymes de vide, mais au contraire l'expression d'un plein de sens et de culture qui se transforment en objet d'usage courant.

Mauro Bellei lui-même affirme : “... Ma réponse s'est structurée sur l'idée d'un produit pouvant contenir les caractéristiques requises avec son double, mais en négatif : donc non pas une, mais deux surfaces distinctes issues de la même matrice ...”. Le thème du double, dans ce cas, se matérialise dans les passages continus aux extrêmes que Pillart met en évidence : noir et lumière, couleur et absence de couleur, forme et image. En effet, le produit interprète le blanc et le noir selon deux nuances de gris, une claire et une foncée, en exaltant aussi bien la capacité d'imitation qu'il peut exprimer dans une habitation, que l'expressivité conceptuelle contemporaine du manque d'absolus. De nouvelles individualités des couleurs pour l'habitation qui se rapprochent des identités extrêmes du blanc et du noir, sans jamais les atteindre, comme dans une métamorphose continue de la matière.
Tout ceci naturellement ne s'éloigne pas du caractère concret du produit industriel, Mauro Bellei retourne en effet au quotidien de la construction en déclarant : “... une simple idée se mêle au processus industriel : d'une part à travers une surface naturelle pour l'intérieur qui présente le minimum chromatique d'un positif et de son négatif, de l'autre avec une surface très rêche pour l'extérieur ... ”. Avec ce geste conceptuel, il ferme le cercle d'un produit en mesure de narrer la synthèse et la personnalité, en mettant dans une surface en céramique toute la culture du projet, faite d'histoire et de modernité, d'abstraction et de caractère concret, mais surtout en utilisant la matière pour ce qu'elle veut être et non pas pour exprimer de simples éléments décoratifs à la mode.

Paolo Schianchi

PRODUIT CITÉ

Pillart Eiffelgres



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